Les enjeux de l'ACC 2011 en rythmologie

Dr M. Guenoun (Marseille)

Dr TaiebCet ACC n’apportera aucun scoop en l’absence de communication de résultats de grandes études, mais les grandes questions seront abordées dans des sessions pertinentes aux orateurs prestigieux.

Mort subite : le problème demeure de mieux sélectionner les patients à haut risque qui bénéficieront de l’implantation d’un défibrillateur implantable. La question se pose différemment dans les troubles primaires de l’électrogenèse et dans les cardiopathies structurales. Les premiers sont le plus souvent des patients jeunes dont le décès est d’autant plus inacceptable, mais qui subiront aussi le plus de complications du matériel, liées aux multiples changements de boitier voire d’électrodes à prévoir et à la survenue de chocs inappropriés. Une session sera consacrée à ces patients porteurs d’un QT long, un syndrome de Brugada, une CMH, une DVDA ou un QT court. Mais les marqueurs de risque manquent en prévention primaire et la génétique tarde à etre décisionnelle en dehors du QT long. En présence d’une cardiopathie structurelle, seule aujourd’hui l’altération de la FE guide les indications d’implantation d’un DAI. Les études MADIT I et II, MUST, SCF-Heft, ont démontré la puissance de ce marqueur de risque. En compilant les données de ces études menées avec le défibrillateur en prévention primaire, la diminution de la mortalité totale observée grâce au DAI était de 29 % (HR = 0,71). Le nombre de patients à traiter pour sauver une vie en prévention primaire est de 11 avec le DAI chez les patients répondant aux critères de l'étude MADIT II. De nombreux essais ont été conduits, associant d’autres paramètres pour une meilleure sélection des patients à risque. Une session fera la revue de ces autres marqueurs, qui peinent à démontrer un intérêt : QT, alternance de l’onde T, variabilité sinusale ou exploration électrophysiologique.

FA : voilà un domaine qui bouge ! Nouveaux traitements antiarythmiques qui font se reposer la question « réduire ou ralentir ? » avec les questions sur la Dronédarone. Quel est la place de l’ablation après les études STOP-AF et CABANA et quel monitoring pour affirmer le succès de la procédure ? Quelle stratégie chez le patient âgé ou l’insuffisant cardiaque ? Quel avenir à la thérapie génique, aux anti-inflammatoires ou aux agents antiarythmique spécifique de l’oreillette ? Autant de questions qui seront débattues, alors que les nouveaux traitements antithrombotiques, disponibles aux USA, n’ont toujours pas eu d’AMM en France. Un algorithme décisionnel de la prise en charge de la FA sera discuté avec en ligne de mire ... 2020 : Prystowsky voit loin !

L’ACC 2011 sera donc l’occasion de rediscuter des questions non résolues en rythmologie, des questions de tous les jours…

Article initialement publié dans la newsletter Electra de Avril 2011.

 

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