Enregistreurs d’événements implantables ou externes, explorations électrophysiologiques : quelle place dans la prise en charge de la syncope ?

Pr J. Mansourati (Brest)

J. MansouratiLa prise en charge de la syncope a évolué ces dernières années avec la mise sur le marché d’enregistreurs d’événements implantables. Ces dispositifs permettent par une simple implantation sous-cutanée de « monitorer » un patient en ambulatoire sur le plan rythmique pendant une durée de 2 ans et de détecter, soit en cas de récidive du symptôme soit lors d’une consultation systématique régulière, un trouble du rythme ou de la conduction qui n’a pas pu être enregistré lors du bilan de syncope initial.

De ce fait, depuis les dernières recommandations européennes ces dispositifs ont une indication plus élargie dans le bilan d’une syncope inexpliquée après élimination d’une cardiopathie sous-jacente à risque ou d’une cause évidente. Dans la majorité des cas ces dispositifs donneront des résultats lors des 4 premiers mois selon certains auteurs mais peuvent aussi rester sans apport diagnostique. Il est même parfois remarquable de voir des patients devenir asymptomatiques après leur implantation alors qu’ils étaient auparavant très invalidés ! Leurs limitations restent toutefois l’absence de donnée hémodynamique lors de syncopes de cause vasoplégique et la difficulté parfois d’établir un lien entre l’anomalie enregistrée et les symptômes du patient. Si le symptôme est fréquent (une fois par semaine) on peut recourir à un enregistreur d’événement externe avant l’utilisation d’un dispositif implantable. L’enregistreur externe peut en effet être utilisé jusqu’à une durée d’un mois et aura de ce fait un plus faible coût. Ces dispositifs ont même remis en question la place des explorations électrophysiologiques dans le bilan d’une syncope dont l’intérêt est très limité sauf cas particulier.

Article initialement publié dans la newsletter Electra de Septembre 2011.

 

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